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 BOB de 7 à 77 ans

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Yeahkl
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MessageSujet: BOB de 7 à 77 ans   Mar 16 Nov 2010 - 19:37

Comment calmer son gamin =)

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Yeahkl
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MessageSujet: Re: BOB de 7 à 77 ans   Mar 16 Nov 2010 - 19:42

http://hocine.bekkouche.free.fr/histoire_marley.htm a écrit:
Robert Nesta Marley est né le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles en Jamaïque. Fils d'un capitaine blanc de la marine qu'il ne connaîtra pas et d'une paysanne jamaïcaine noire, le jeune Nesta est un petit garçon solitaire qui semble perpétuellement rempli de tristesse.
Adolescent, il quitte la campagne et s'en va faire sa vie à Kingston, la capitale. Malheureusement, le travail y est rare et il doit vivre dans l'immonde ghetto de Trenchtown. Là, il sera témoin de ce que la misère humaine a de plus injuste et écoeurant. Il reste parfois des jours sans manger, trouve des jobs ça et là... On lui attribue la faculté de lire l'avenir dans les lignes de la main (!).



Métisse, Bob se sent rejeté : trop blanc pour les noirs, trop noir pour les blancs, il se replie sur lui-même, sans les épaules d'un père sur lesquelles s'appuyer.
Il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, deux autres jeunes qui partagent avec lui la rudesse de la vie à Trenchtown et une passion sans limite pour la musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.
A Trenchtown, Bob Marley se taille une solide réputation de rude boy, ces espèces de rebels insolents qui se donnent des allures de gangsters, alors qu'il est tout sauf violent. Il n'est d'ailleurs pas bien grand ni très épais, mais utilise sa parole et sa détermination pour s'imposer. Il hérite rapidement de plusieurs surnoms, comme le "skip" (le capitaine), ou "Tuff Gong" (le dur).




En revanche, il se montre très habile et très doux avec la gent féminine. Pourtant, il n'accorde guère de temps à autre chose que la musique, et se donne sans limite à l'apprentissage de la composition et du chant, sous la houlette de Joe Higgs, une star jamaïcaine qui aide tous les jeunes désireux d'exploiter sérieusement leur talent. Peter, Bunny et Bob sentent qu'ils ont beaucoup à offrir en conjuguant leurs talents.


A 16 ans, Bob décroche un "contrat" pour enregistrer un 45-tours, Judge Not. Bide absolu ! Après deux autres essais guère plus réussis, il forme avec Peter, Bunny et quelques autres les Wailin' Wailers. Le groupe signe chez Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque.
Au fur et à mesure des années, ils vont enchaîner succès sur succès. Devenus les Wailers sous la forme du trio, Marley, Tosh et Livingstone travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais pas sur le plan financier. Le show-business jamaïcain est particulier dans le sens où il n'y a pas de papiers signés, tout est verbal, et le concept de "droits d'auteur" n'existe pour ainsi dire pas.
De ce fait, les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent sur les disques tout en étant d'énormes vedettes locales. Pourtant, la compétition est rude ; pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de décrocher la timbale. A cette époque, la musique jamaïcaine s'appelle le Ska, mélange de Rythm'n'Blues et de Calypso. Suivra le Rock Steady, mêmes ingrédients en plus lent.
Les trois Wailers se rapprochent du mouvement Rasta, changent leur style pour un engagement plus social et spirituel. Le Reggae s'apprête à exploser en Jamaïque.





En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île. Les Wailers sentent qu'ils peuvent faire plus si on leur en donne les moyens. Ils sont dorénavant managés par Danny Sims, le producteur de Johnny Nash, avec qui ils collaborent jusqu'en 1972. Le monde découvre d'un coup les Rastas, le Reggae et la Jamaïque grâce à The Harder They Come, le film de Perry Henzel, avec Jimmy Cliff dans le premier rôle.
Bob et les siens sentent que c'est maintenant ou jamais... Grâce à Danny Sims, Marley a enregistré un 45-tours pour CBS (Reggae On Broadway), mais aucune promotion n'est accordée au disque qui passe inaperçu.
Alors que les Wailers travaillent sur une musique de film pour Nash et Sims en Angleterre, ces derniers les lâchent et s'envolent aux USA pour la promo du disque de Nash. Seuls, déprimés et sans le sou, les Wailers sont au point de rupture, lorsque Bob décide de tenter le tout pour le tout et demande un rendez-vous avec le patron d'une jeune maison de disques au nom évocateur, Island.
Chris Blackwell reçoit les trois Jamaïcains dans son bureau. Ayant grandi sur l'île, Blackwell connaît déjà bien la carrière des Wailers. Il ne lui faudra pas longtemps pour leur proposer un contrat et une avance. Le reste, comme on dit, appartient à l'histoire...

Mais la partie n'est pas encore gagnée. La sortie du premier album Catch-A-Fire remporte un certain succès critique, mais n'attire pas le public qui n'a pas encore les oreilles éduquées pour cette nouvelle musique et le message révolutionnaire qui l'accompagne. Les Wailers s'engagent dans une tournée des clubs anglais pour mieux faire connaître leur travail.

Ils sortent rapidement un deuxième disque enregistré dans une ambiance tendue. Bob impose ses compositions, encouragé par un Chris Blackwell qui décèle en lui les qualités d'un leader. S'en suit une deuxième tournée, plus longue et finalement trop dure pour Bunny Wailer et Peter Tosh qui abandonnent à quelques semaines d'intervalles. Blackwell a ce qu'il voulait : Bob est désormais seul aux commandes.




D'albums en interviews, de concerts en coup d'éclats, Bob Marley devient avec le temps l'ambassadeur du Reggae à travers le monde. Plus qu'un artiste de grand talent, il est pour beaucoup un guide, une autorité morale. Il n'avait pas de père, il s'en est choisi un : Haïlé Sélassié Ier, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, empereur d'Ethiopie. Ni plus ni moins que le Très-Haut JAH. Qui dit mieux ?
Mais tout le monde ne voit pas ça d'un très bon oeil ; la CIA surveille Marley, les politiques jamaïcains se battent pour l'avoir de son côté... Preuve qu'il avait déjà dépassé le simple cadre artistique en 1976, il frôle la mort lors d'un attentat perpétré par... ? Tout a été dit à ce sujet. La version officielle incrimine le JLP, le parti de droite jamaïcain qui voulait dissuader Marley d’apporter un éventuel soutien au parti rival, le PNP. Des versions officieuses laissent sous-entendre que la personne visée n'était pas Bob mais Alan "Skill" Cole, un de ses amis. D'autres affirmèrent encore que la cible de l'attentat était Don Taylor, le manager des Wailers, qui se révéla effectivement être un magouilleur de première, traînant en permanence de grosses dettes de jeu...
Il est des choses qui ne sont pas souvent dites lorsqu'on évoque la carrière du Rasta : si lui-même était un homme de bien, il n'en était pas de même de son entourage. Marley traînait dans son sillage de superstar une foule d'importuns, anciennes connaissances du ghetto, prêts à lui lécher les bottes pour obtenir quelques sous ou un traitement de faveur. Parmi eux, il y avait même de sérieux caïds, des chefs de gangs ou des gunmen (homme de mains). Lorsqu'on l'interrogeait à ce sujet, Bob répondait qu'il travaillait à la réhabilitation de ces voyous.

Un autre fait concernant le chanteur défraya la chronique : son rapport avec les femmes. Il avait épousé Rita Anderson en 1966, bien qu'il le nia à plusieurs reprises par la suite et il est de notoriété publique qu'il eut des dizaines d'autres conquêtes, dont certaines lui donnèrent des enfants. La plus connue d'entre elles est Cindy Breakspeare, une beauté jamaïcaine élue Miss Monde en 1977. Imaginez le bonheur des journaux à scandales.
Même s'il gagna le respect du plus grand nombre, Bob eut beaucoup de détracteurs. Tout le monde n'était pas client de la philosophie Rasta qu'il s'évertuait à propager ; pour beaucoup, ce n'était qu'un tissu de délires sans fondement, délivrés par une population de drogués marginaux à la coiffure hirsute.
Et en matière de délires paranoïaques, la mort de Bob Marley le 11 mai 1981 à Miami suscita les rumeurs les plus folles : on dit que la CIA avait tenté de l'écarter de la scène internationale en bombardant les chambres d'hôtel où il résidait avec des rayons cancérigènes (si c'est ça, bien joué!)

On dit aussi que le cancer s'était développé à cause d'un fragment de balle qui était resté logé dans son bras après l'attentat. Bob lui-même confia à des proches à plusieurs reprises qu'il avait l'impression qu'on cherchait à l'empoisonner...
La Jamaïque lui fit des funérailles nationales qui durèrent trois jours. On lui décerna le titre d'Honorable Robert Nesta Marley, Ordre du Mérite.
Immédiatement après sa mort, une longue et pathétique bataille juridique s'engagea autour de sa fortune. Bob n'a pas laissé de testament, et femmes, enfants, parents, collaborateurs vont se battre pour récupérer une partie du magot.

Il n'en reste pas moins que Bob Marley fut un artiste exceptionnel, auteur-compositeur de génie, visionnaire (il avait prédit avant tout le monde l'indépendance du Zimbabwe), d'une grande générosité matérielle comme spirituelle et dont l'œuvre continue d'alimenter toutes les luttes pour un meilleur monde.
Pas mal de Rastas conclurent que Bob Marley était l'élément final d'une trinité qui compte Marcus Garvey, le prophète et Haïlé Sélassié, la divinité. Quelques temps avant sa mort, Bob avait été baptisé par l'Eglise éthiopienne orthodoxe, qui lui avait attribué le nom de Berhane Sélassié : Lumière de la Trinité.